Méthode de Berquist-Sherman
Deux corrections du triangle, publiées en 1977, qui recalent la charge sur le niveau actuel des provisions dossier et les payés sur une vitesse de règlement constante, avant toute projection.
Berquist et Sherman publient en 1977, dans les Proceedings de la Casualty Actuarial Society, « Loss Reserve Adequacy Testing: A Comprehensive, Systematic Approach ». Leur méthode corrige le triangle avant de le projeter. Le problème qu'elle traite, tout actuaire l'a vu le jour où une direction des sinistres a changé de consigne. Le chain ladder suppose que la façon de provisionner et de régler reste la même d'une diagonale à l'autre ; quand elle change, les facteurs de développement mélangent l'ancien régime et le nouveau. La première correction vise l'adéquation des provisions dossier. On prend le coût moyen des dossiers ouverts sur la dernière diagonale et on le ramène aux diagonales antérieures par une tendance de sévérité. La charge se reconstruit comme payés plus nombre d'ouverts fois ce coût moyen recalé. Le triangle décrit alors ce qu'aurait été la charge si les gestionnaires avaient toujours provisionné au niveau d'aujourd'hui. La seconde vise la vitesse de règlement. On calcule les taux de clôture (dossiers clos sur nombre ultime) de la dernière diagonale et on les impose à tous les exercices. Les payés cumulés s'interpolent ensuite sur ces nombres de clos, linéairement ou par une courbe exponentielle. Chacune s'appuie sur une donnée prise hors du triangle à corriger : la tendance de sévérité pour l'une, le nombre ultime de sinistres pour l'autre. Une tendance mal choisie déplace l'ultime autant que le défaut qu'on voulait retirer. Le diagnostic vient d'abord : ratio payés sur charges, coût moyen des ouverts par âge, taux de clôture, lus le long des diagonales. Sans rupture visible, on ne corrige rien. À ne pas confondre avec le chain ladder de Munich, qui fait dialoguer payés et charges sans recaler les données.
Cas d'école : exercice 2023 vu à 12 mois, 400 000 euros payés et 100 dossiers ouverts provisionnés en moyenne à 8 000 euros, soit une charge de 1,2 million. Sur la dernière diagonale, l'exercice 2025 à 12 mois porte un coût moyen des ouverts de 12 000 euros. Avec une tendance de sévérité de 5 % par an, le coût moyen recalé de 2023 vaut 12 000 / 1,05² = 10 884 euros. Charge corrigée : 400 000 + 100 × 10 884 = 1 488 400 euros, 24 % au-dessus de la charge d'origine. Le renforcement des provisions ne passe plus pour du développement, et le facteur 12-24 mois recalculé baisse en conséquence.
Berquist-Sherman, méthode de Berquist et Sherman, ajustement de l'adéquation des provisions dossier, ajustement de la vitesse de règlement
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