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Provisionnement non-vie

Le métier qui chiffre, à chaque arrêté, ce qu'un assureur dommages paiera encore pour des sinistres déjà survenus : provisions dossier, IBNER, IBNR et frais, à partir des triangles de liquidation.

Définition

Au 31 décembre, l'actuaire d'une société IARD doit chiffrer ce qu'elle paiera encore pour des sinistres déjà survenus. Une partie n'est pas déclarée, et l'autre est provisionnée par des gestionnaires qui n'ont pas tous la même main. Le provisionnement non-vie empile des couches. La provision dossier par dossier, posée par le service sinistres sur chaque dossier ouvert. L'IBNER, qui corrige l'insuffisance de ces provisions sur les dossiers connus. L'IBNR au sens strict, pour les sinistres survenus et pas encore déclarés. Les frais de gestion à venir, ALAE et ULAE. L'outil commun est le triangle de liquidation, payé et charge, par exercice de survenance. Le chain ladder le projette tel quel. Bornhuetter-Ferguson et Cape Cod remplacent la projection par un loss ratio sur les exercices jeunes, où le triangle ne dit encore presque rien. Mack et le bootstrap ODP mettent une distribution autour du chiffre. Aucun praticien ne retient une méthode seule : il en fait tourner plusieurs, explique les écarts et sélectionne un ultime par exercice, branche par branche. Depuis le 1er janvier 2016, Solvabilité II demande en plus une meilleure estimation actualisée et pondérée par les probabilités, et l'article 48 de la directive confie à la fonction actuarielle l'avis sur sa fiabilité. L'arrêté suivant sert de juge : le boni-mali sur exercices antérieurs dit, dans les comptes publiés, si l'on avait vu juste. Le métier casse le plus souvent sur un changement silencieux des données, que les méthodes lisent comme un changement du risque. Il suffit d'un nouvel outil de gestion, d'une consigne de renforcement des provisions dossier ou d'une accélération des règlements. À ne pas confondre avec la provision pour sinistres, qui est le montant inscrit au bilan, ni avec la tarification, qui projette les sinistres des contrats à venir.

Ses 7 renvois, tissés sur les 18 catégories du glossaire
Provisionnement non-vie : illustration de la fiche Actuariat du glossaire AlgoPolis
Exemple

Cas d'école : arrêté au 31 décembre 2025, en millions d'euros. Payés cumulés 61,0 ; provisions dossier 24,5 ; IBNR et IBNER 9,8 ; ULAE 2,1. Provision totale : 24,5 + 9,8 + 2,1 = 36,4 ; ultime : 61,0 + 36,4 = 97,4. Un an plus tard, on a payé 14,2 sur ces mêmes sinistres et l'on provisionne encore 20,9 pour eux, soit 35,1 au total. Le boni sur exercices antérieurs vaut 36,4 − 35,1 = 1,3 million, un peu plus de 3,5 % de la provision d'ouverture.

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Termes associés
Également connu sous

loss reserving, insurance reserving, provisionnement IARD, claim reserves, calcul des provisions pour sinistres

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