Moins-values latentes sur obligations
Écart négatif entre la valeur de marché d'une obligation et sa valeur au bilan, invisible tant que le titre est conservé et réalisé dès qu'il faut le vendre.
Quand les taux montent, le prix des obligations déjà détenues baisse, d'autant plus que leur durée restant à courir est longue. Si le titre est comptabilisé au coût amorti, cette baisse n'entre ni dans le résultat ni dans les fonds propres : c'est une moins-value latente, qui disparaît d'elle-même si l'obligation est conservée jusqu'à son remboursement au pair. Le traitement est cohérent pour un détenteur dont le passif est stable et long, et c'est l'argument des assureurs vie et des banques. Il devient trompeur dès que le passif peut partir avant l'échéance, car il faut alors vendre et la perte devient définitive. La réglementation y répond par des mécanismes de reconnaissance, en France la provision pour risque d'exigibilité, et l'analyse prudente rapproche toujours le stock de moins-values latentes de la probabilité de devoir vendre.
Selon la FDIC, les banques américaines portaient au quatrième trimestre 2022 environ 620 milliards de dollars de moins-values latentes sur leurs titres, dont 340,9 milliards sur les titres détenus jusqu'à l'échéance et 279,5 milliards sur les titres disponibles à la vente, après un pic de 690 milliards au trimestre précédent.
pertes latentes, unrealized losses, plus-values latentes, paper losses
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.