Réserve de capitalisation
Réserve des comptes sociaux des assureurs français alimentée par les plus-values de cession d'obligations et reprise en cas de moins-values, pour empêcher de réaliser des gains obligataires au détriment des rendements futurs.
Lorsque les taux baissent, les obligations détenues par un assureur prennent de la valeur. La tentation est alors de les vendre pour afficher une plus-value, puis de réinvestir à un taux plus faible : le résultat de l'année s'améliore, mais les rendements des années suivantes se dégradent d'autant. La réserve de capitalisation neutralise ce jeu. Les plus-values réalisées sur la cession d'obligations y sont versées au lieu d'entrer dans le résultat, et les moins-values en sont reprises. Elle est inscrite parmi les capitaux propres dans les comptes sociaux, mais elle n'est pas distribuable : elle appartient économiquement aux assurés autant qu'aux actionnaires, puisqu'elle représente des rendements futurs anticipés. Elle a donc un double effet : lisser le résultat et protéger la participation aux bénéfices des assurés contre une gestion qui consommerait le portefeuille. Sous Solvabilité II, elle disparaît en tant que telle dans le bilan économique, où les obligations sont en valeur de marché, et se retrouve dans la réserve de réconciliation parmi les fonds propres de meilleure qualité. Elle reste un indicateur utile : une réserve importante signale un portefeuille ancien vendu avec plus-values, et une réserve épuisée signale des cessions en moins-value, souvent pour faire face à des rachats.
Cas d'école : un assureur vend 500 millions d'euros d'obligations acquises à 4 pour cent et réalise 40 millions de plus-values. Ces 40 millions vont à la réserve de capitalisation, pas au résultat : ils ne peuvent ni être distribués aux actionnaires ni gonfler le taux servi de l'année.
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