Nationalisme des ressources
Politique d'États producteurs qui cherchent à capter une part plus grande de la valeur de leurs ressources naturelles : hausse des redevances, révision des codes miniers, interdictions d'exporter le minerai brut, prises de participation imposées.
Quand les prix des matières premières montent ou que des minerais deviennent stratégiques, les États qui les détiennent cherchent à en tirer davantage. Le nationalisme des ressources prend des formes graduées. Les plus douces sont fiscales : hausse des redevances, nouvelles taxes sur les superprofits. Viennent ensuite la révision des codes miniers et la renégociation des conventions, qui modifient après coup l'équilibre d'un investissement de long terme ; l'interdiction d'exporter le minerai brut pour imposer la transformation sur place, comme l'a fait l'Indonésie pour le nickel ; l'obligation de céder une participation à l'État ou à des nationaux. Les plus dures relèvent de la confiscation : retrait de permis, blocage des exportations, arrestation de cadres, saisie de stocks. Plusieurs pays du Sahel, après des changements de régime, ont adopté de nouveaux codes miniers et engagé de durs bras de fer avec des groupes miniers étrangers. La montée de la demande en métaux de la transition énergétique, lithium, cobalt, cuivre, terres rares, accroît le phénomène. Pour l'assurance du risque politique, c'est le terrain de l'expropriation rampante : une succession de mesures dont aucune, isolément, n'est une confiscation, mais dont l'effet cumulé prive l'investisseur de son actif. Les polices doivent alors dire à partir de quand une mesure fiscale ou réglementaire devient un sinistre.
Au Mali, le code minier d'août 2023 porte la part que l'État peut prendre dans une nouvelle mine jusqu'à 30 pour cent. En janvier 2025, dans le différend qui l'oppose à Barrick sur l'application de ces règles, l'État fait saisir environ trois tonnes d'or du complexe de Loulo-Gounkoto, après avoir détenu quatre salariés du groupe, et Barrick suspend la production.
resource nationalism, nationalisme minier, souverainisme des ressources
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.