Table générationnelle
Table qui donne une mortalité propre à chaque année de naissance, et intègre ainsi le progrès attendu de la longévité au lieu de le figer.
En 2016, le modèle annuel du Continuous Mortality Investigation britannique a abaissé d'environ 2 % les provisions du marché, sans qu'aucun retraité ait changé de situation. Une table du moment décrit la mortalité observée une année donnée, à tous les âges. Elle suppose implicitement qu'un homme de quarante ans aujourd'hui connaîtra dans trente ans la mortalité qu'ont aujourd'hui les hommes de soixante-dix ans. Cette hypothèse est fausse dès que la longévité progresse, et d'autant plus que l'engagement est long. Une table générationnelle corrige le défaut : chaque cohorte de naissance reçoit sa propre suite de probabilités, projetée par un modèle d'amélioration de la mortalité. Du côté des rentes, la conséquence financière est massive. Sous-estimer le progrès de quelques dixièmes de point par an suffit à sous-provisionner un portefeuille de plusieurs pour cent, et l'erreur se révèle sur trente ans. Du côté des capitaux décès, l'effet est symétrique et favorable. Un même assureur peut donc être exposé dans les deux sens, mais la compensation n'est qu'apparente : les deux portefeuilles n'ont ni la même taille ni la même duration. Le problème résolu : cesser de traiter la mortalité comme une constante quand elle est une tendance.
Le Continuous Mortality Investigation britannique publie depuis 2009 un modèle de projection révisé chaque année. Chaque millésime déplace les provisions des fonds de pension de plusieurs milliards de livres, sans qu'aucun retraité ait changé de situation. La version de 2016 a abaissé les provisions du marché britannique d'environ 2 %, en intégrant le ralentissement des gains de longévité observé depuis 2011.
table prospective, table par cohorte de naissance
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