Analyse réel contre attendu (A vs E)
Comparaison, entre deux arrêtés, des sinistres réellement payés ou déclarés avec ce que la cadence retenue au premier arrêté faisait attendre : premier signal d'un développement défavorable, avant toute refonte du triangle.
Au 31 décembre, l'exercice 2022 de RC générale était développé à 60 % selon la cadence retenue. Au 30 juin suivant, la même cadence lui faisait attendre 1,2 million d'euros de déclarations nouvelles, et il en est arrivé 2,1. Voilà une analyse réel contre attendu. Pour chaque exercice, l'attendu se tire de l'arrêté précédent : la charge ultime retenue multipliée par l'écart entre le pourcentage développé à la date nouvelle et celui de la date ancienne. Il faut donc interpoler une cadence annuelle au trimestre ou au semestre. On le fait en payé et en déclaré, en montants et en nombres, branche par branche, et l'exercice se répète à chaque clôture intermédiaire, quand personne ne refait les triangles. Un ratio A/E durablement au-dessus de 100 % sur plusieurs exercices à la fois oriente vers un développement défavorable. Reste à savoir combien en reporter sur l'ultime : en lecture Bornhuetter-Ferguson l'excédent s'ajoute euro pour euro, en lecture chain ladder il est multiplié par le facteur restant. L'outil casse sur trois terrains. Un gros sinistre isolé suffit à faire sauter le ratio d'un petit portefeuille sans rien dire de la tendance. Une campagne de renforcement des provisions dossier fait bondir l'A/E en déclaré alors que le payé reste dans la cadence, d'où l'habitude de lire les deux côte à côte. Et l'interpolation suppose des déclarations régulières dans l'année, ce que la saisonnalité des clôtures de gestionnaires dément souvent. À ne pas confondre avec le résultat de développement des sinistres, qui mesure l'écart sur l'ultime d'un arrêté à l'autre, ni avec l'effet année calendaire.
Cas d'école : RC générale, exercice 2022. Au 31 décembre 2025, 12,0 millions d'euros déclarés, une cadence à 60 %, donc un ultime de 20,0 millions. Au 30 juin 2026 la cadence attend 66 %, soit 13,2 millions : 1,2 million de déclarations attendues sur le semestre. Il en arrive 2,1, pour 14,1 millions déclarés : A/E de 175 %. En lecture Bornhuetter-Ferguson, l'excédent de 0,9 million porte l'ultime à 20,9 millions. En lecture chain ladder, 14,1 / 0,66 donne 21,4 millions. C'est l'écart d'environ 0,5 million entre les deux lectures que le comité va discuter.
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