Exigence de remise d'actifs liquides quand une position se déprécie, mécanisme qui transforme une perte comptable en besoin de trésorerie immédiat.
Le collatéral est l'actif remis à une contrepartie pour garantir une position, et l'appel de marge est la demande de le compléter lorsque la position s'est dépréciée depuis la dernière évaluation. Le mécanisme sert à empêcher l'accumulation silencieuse d'une exposition de contrepartie, et il fonctionne, mais au prix d'un effet que les modèles de solvabilité saisissent mal : il convertit une variation de valeur en besoin de liquidité au jour le jour, là où l'assurance raisonne en horizon long. Deux traits en font la dangerosité. D'abord la procyclicité, puisque les appels arrivent précisément quand les marchés baissent et que vendre coûte le plus cher, ce qui pousse toutes les contreparties dans le même sens au même moment. Ensuite l'opacité, une même contrepartie pouvant traiter avec plusieurs intermédiaires qui ne voient chacun qu'une part de la position, si bien qu'aucun n'évalue correctement son risque. Pour un assureur, la question utile n'est donc pas le montant du collatéral déjà remis mais le montant qu'un choc défavorable exigerait en quelques jours, et la nature des actifs immédiatement mobilisables pour le fournir.
En mars 2021, le défaut du fonds familial Archegos Capital Management sur ses appels de marge a provoqué la liquidation désordonnée de positions détenues via plusieurs banques, dont Credit Suisse, qui a annoncé une perte d'environ cinq milliards et demi de dollars sur cette seule exposition.
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