Défaut argentin de 2001
Suspension du paiement de la dette extérieure argentine annoncée le 23 décembre 2001, suivie de la fin de la parité peso-dollar, de la conversion forcée des contrats en dollars et de quinze ans de contentieux avec les porteurs récalcitrants.
Le 23 décembre 2001, devant l'Assemblée législative, le président intérimaire Adolfo Rodríguez Saá annonce la suspension du paiement de la dette publique extérieure. Trois semaines plus tôt, le 1er décembre, le ministre Domingo Cavallo avait gelé les dépôts bancaires, retraits plafonnés à 250 pesos par semaine : le corralito. Le 6 janvier 2002, la loi 25.561 enterre la convertibilité qui tenait le peso à un dollar depuis 1991. Le décret 214 du 3 février pesifie ensuite les banques de façon asymétrique, les dépôts en dollars à 1,40 peso, les crédits en dollars à un pour un, et l'État compense l'écart aux banques en obligations BODEN. Au milieu de l'année, le dollar vaut près de quatre pesos. La sortie prend quinze ans. L'échange de 2005 porte sur 81,8 milliards de dollars de titres éligibles, 79,7 de principal et 2,1 d'intérêts courus au 31 décembre 2001, avec une perte de l'ordre de 70 % en valeur actuelle et 76 % d'adhésion ; sa réouverture de 2010 monte à environ 92 %. Le reste, NML Capital en tête, plaide à New York jusqu'à l'injonction pari passu du juge Griesa, au nouveau défaut du 30 juillet 2014, puis au règlement d'avril 2016, environ 9,3 milliards de dollars. Pour un souscripteur de crédit ou de risque politique, le cas réunit presque tous les faits générateurs en dix semaines. Le débiteur privé qui avait ses pesos ne pouvait plus acheter ni sortir de dollars sans l'aval de la banque centrale, et un impayé commercial devenait un sinistre de non-transfert. Les contrats en dollars de droit argentin ont été réécrits par décret ; les concessions de services publics, tarifs pesifiés et gelés, ont nourri plusieurs dizaines d'arbitrages au CIRDI. Les limites par acheteur sont toutes tombées le même mois, et seul le plafond par pays mesurait l'exposition.
Cas d'école : en février 2002, une PME de Córdoba a 100 000 dollars déposés dans une banque argentine et doit 100 000 dollars à une autre. Le décret 214 change le dépôt en 140 000 pesos et la dette en 100 000 pesos, avant indexation. Avec un dollar à 3,60 pesos, le dépôt vaut 38 889 dollars et la dette 27 778 ; l'écart de 40 000 pesos entre ce que le système doit au déposant et ce que l'emprunteur lui doit est compensé en BODEN. Un exportateur européen qui avait livré la même PME à 90 jours, payable en dollars à New York, garde une créance de 100 000 dollars intacte sur le papier. Mais la PME doit obtenir l'aval de la banque centrale pour acheter et transférer ces dollars, et l'impayé qui suit tient du non-transfert, pas de l'insolvabilité.
défaut de l'Argentine 2001, corralito, pesificación, pesification asymétrique, fin de la convertibilité, échange argentin de 2005
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