Impact d'oiseaux (bird strike)
Collision d'un aéronef avec un oiseau ou un animal, presque toujours bénigne mais coûteuse quand elle passe dans un moteur. Elle fait le premier sinistre de fréquence des polices corps, avec de rares pertes totales.
L'impact d'oiseaux est la collision entre aéronef et faune, le plus souvent des oiseaux. En 2024, la FAA (Federal Aviation Administration) a recensé 22 372 collisions avec la faune sur les avions civils aux États-Unis, une soixantaine par jour. C'est 14 % de plus qu'en 2023, pour un trafic qui n'a crû que de quelques points. L'administration l'attribue à la croissance des populations d'oiseaux et à des réacteurs plus silencieux, que les oiseaux entendent moins. La plupart des impacts ne laissent qu'une trace sur un radôme. Le coût est dans le moteur : une oie qui traverse une soufflante, ce sont des aubes à remplacer, une visite en atelier et un moteur de location pendant des semaines. Pour le souscripteur corps, c'est le sinistre de fréquence type. Le dommage est accidentel et soudain, donc couvert par la police tous risques, à la différence de l'usure, exclue. Le débat porte sur la frontière : l'expert du marché distingue ce que l'ingestion a cassé de ce que la détérioration avait déjà préparé, et la facture d'atelier se découpe en conséquence. Une grande partie de ces sinistres reste sous la franchise corps, ce qui alimente l'assurance de franchise et pèse sur le compte d'exploitation de la compagnie plus que sur celui de l'assureur. La gravité, elle, arrive par la double ingestion. Les moteurs sont certifiés pour avaler des oiseaux de taille définie, et une bernache du Canada les dépasse. Le 15 janvier 2009, l'Airbus de l'US Airways 1549 perd ses deux moteurs et finit dans l'Hudson. Le 29 décembre 2024, le vol Jeju Air 2216 se pose train rentré à Muan. Côté responsabilité, l'aéroport a la charge de la faune sur sa plateforme, mais un recours contre lui aboutit rarement : l'oiseau passe pour un aléa.
Le 15 août 2019, l'Airbus A321 du vol Ural Airlines 178 avale des goélands au décollage de Joukovski, perd la poussée de ses deux moteurs et se pose train rentré dans un champ de maïs. Les 233 occupants survivent. Pour les assureurs corps, c'est une perte totale née d'oiseaux, sans aucune victime à indemniser côté responsabilité.
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