Obligation de défendre (duty to defend)
Obligation de l'assureur de responsabilité, en droit américain, de défendre l'assuré dès qu'une réclamation pourrait relever de la garantie, plus large que l'obligation d'indemniser, et que les polices européennes organisent autrement.
Dans une police de responsabilité, l'assureur peut s'engager de deux façons sur la défense de l'assuré. Selon la première, dominante aux États-Unis, il a l'obligation de défendre : il doit prendre en charge et diriger la défense dès que la réclamation, telle qu'elle est formulée, pourrait relever de la garantie, même si elle est infondée, même si une partie seulement des chefs de demande est couverte. Cette obligation est plus large que l'obligation d'indemniser, qui ne naît que si la responsabilité est établie et couverte, et son manquement expose l'assureur à des condamnations pour mauvaise foi. Selon la seconde, fréquente en lignes financières et sur les marchés européens, l'assureur rembourse les frais de défense engagés par l'assuré, qui choisit son conseil et conduit le dossier, souvent sous réserve d'un accord préalable sur les frais. En droit français, l'assureur peut prendre la direction du procès, avec la conséquence que fixe l'article L. 113-17 sur ses exceptions. Le choix entre ces modèles détermine qui contrôle la stratégie et la transaction, et donc une grande part du coût final du sinistre.
Dans une affaire de 1966 restée célèbre sous le nom de l'assuré, Gray, la Cour suprême de Californie a jugé que l'assureur devait défendre son assuré poursuivi pour coups volontaires, bien que les actes intentionnels soient exclus, parce que la plainte pouvait aboutir à une condamnation pour un fait non intentionnel couvert : la simple possibilité de garantie suffisait à faire naître l'obligation de défendre.
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