Fonds en euros
Support d'assurance vie dont le capital est garanti par l'assureur et dont les intérêts, une fois attribués, sont définitivement acquis ; il est adossé à l'actif général de l'assureur, surtout obligataire.
Le fonds en euros est la pièce qui distingue l'assurance vie française de la plupart des produits d'épargne étrangers. L'épargnant ne détient aucune part d'un portefeuille : il détient une créance sur l'assureur, qui garantit le capital versé, net de frais, et lui attribue chaque année un rendement. Ce rendement, une fois inscrit au contrat, est acquis définitivement : c'est l'effet cliquet, qui interdit toute baisse ultérieure. En face, l'assureur place les sommes dans son actif général, composé surtout d'obligations détenues jusqu'à l'échéance, de quelques actions et d'immobilier. Le rendement servi ne dépend donc pas de la valeur de marché de l'année mais du rendement comptable du portefeuille, lissé par la participation aux bénéfices et par des réserves que l'assureur dote en bonne année et reprend en mauvaise. Ce lissage a un prix : quand les taux baissent, le fonds sert plus longtemps que le marché ; quand ils montent vite, comme en 2022, il sert moins que les placements nouveaux, et l'épargnant a intérêt à racheter. Le rendement moyen servi, tombé autour de 1,3 pour cent en 2020 et 2021 selon l'ACPR, est remonté ensuite autour de 2,5 pour cent. La garantie en capital impose des fonds propres importants sous Solvabilité II, ce qui explique que les assureurs poussent vers les unités de compte.
Cas d'école : un épargnant détient 100 000 euros sur un fonds en euros. L'assureur annonce un rendement de 2,6 pour cent pour l'année : 2 600 euros sont crédités, nets de frais de gestion, et ne pourront plus être repris même si les marchés obligataires chutent l'année suivante.
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