Risque de vol inaugural
Surprime sur le premier vol commercial d'un nouveau lanceur : le véhicule n'a pas encore d'historique de fiabilité, et c'est statistiquement la période la plus accidentogène de sa carrière.
Le risque de vol inaugural est la surprime appliquée au tout premier vol commercial d'un nouveau lanceur, quand ce véhicule n'a encore aucun historique de fiabilité propre. Les statistiques du secteur montrent un taux d'échec structurellement plus élevé sur les premiers vols que sur une flotte mature. Les défauts de conception, d'intégration ou de procédure sortent en général lors des tout premiers essais réels, dans des conditions que la simulation au sol ne reproduit pas entièrement. L'assureur d'un satellite sur le premier vol d'un nouveau lanceur demande donc une prime nettement plus haute que sur un lanceur éprouvé, et certains opérateurs attendent que le véhicule ait réussi quelques vols avant d'y mettre leur charge utile la plus précieuse. Le risque baisse ensuite vite avec chaque vol réussi, et la prime rejoint celle du marché à mesure que le lanceur fait ses preuves. Reste l'arbitrage de l'opérateur : un véhicule neuf coûte souvent moins cher, mais sa fiabilité n'est pas encore démontrée, et l'actuaire la fait payer.
Le vol inaugural d'Ariane 5, le 4 juin 1996, s'est terminé par une autodestruction trente-sept secondes après le décollage, à la suite d'une erreur du logiciel de guidage. La charge utile a été détruite.
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