Schedule P (NAIC)
Annexe de l'Annual Statement que chaque assureur dommages américain dépose auprès de son régulateur : dix ans de triangles de sinistres par branche, publics, matière première de toute comparaison de provisionnement.
Chaque 1er mars, tout assureur dommages américain dépose son Annual Statement au format de la NAIC. La Schedule P en est la partie que les actuaires ouvrent d'abord : dix exercices de survenance, branche par branche, dans une présentation identique pour tout le marché. La Part 1 donne par exercice les primes acquises, les sinistres et frais payés, les provisions restantes, en brut, en cédé et en net. La Part 2 aligne à chaque anniversaire la charge nette, sinistres plus frais de défense et de maîtrise des coûts (les DCC). La Part 3 donne les cumuls payés, la Part 4 les provisions en bloc et IBNR, la Part 5 les nombres de sinistres pour les branches qui les exigent. Jusqu'à l'état annuel 2023, les branches courtes n'en montraient que deux ; depuis l'état annuel 2024 (proposition NAIC 2023-16BWG), toutes les branches en montrent dix. Tout étant public, un analyste pose le triangle d'un concurrent à côté du sien et voit qui renforce ses provisions d'une année sur l'autre, et qui les relâche. Agences de notation et réassureurs en font autant. Meyers et Shi en ont tiré en 2011 la base de données de provisionnement de la CAS : six branches, exercices 1988 à 1997. La partie inférieure du triangle y est reprise des états déposés ensuite, ce qui permet de juger une méthode contre ce qui s'est réellement payé. La limite tient au format. Les chiffres sont agrégés à la branche statutaire et suivent la politique de cession. Une commutation, un loss portfolio transfer ou un changement de programme de réassurance déforme donc le triangle net sans que le risque ait bougé, et une fusion d'entités se lit comme du développement. À ne pas confondre avec le triangle de liquidation interne d'une société, plus fin, ni avec le RBC de la NAIC, qui calcule un capital.
Cas d'école : deux sociétés, branche commercial auto, exercice 2019. La première déclare en Part 2 une charge nette de 80 millions de dollars à douze mois pour 120 millions de primes acquises en Part 1, soit 66,7 %. La seconde, 70 millions pour 100 millions, soit 70 %. Six ans plus tard, la première est à 96 millions (80 % des primes, +20 % sur sa charge initiale), la seconde à 73,5 millions (73,5 %, +5 %). Celle qui paraissait la plus rentable provisionnait en fait plus court.
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