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Stress test inverse (reverse stress test)

Exercice qui fixe d'abord l'issue, la ruine ou la perte du modèle d'affaires, et remonte aux scénarios qui y mènent, au lieu de mesurer la perte d'un scénario choisi d'avance.

Définition

Un stress test classique choisit un scénario et mesure la perte. Le stress test inverse part de l'autre bout : on fixe l'issue, la ruine ou l'impossibilité de poursuivre le modèle d'affaires, et on cherche quels événements y conduisent. Il en sort un scénario, ou une famille de scénarios, et une question pour la direction : est-ce plausible, et que fait-on avant d'y arriver ? Au Royaume-Uni, la FSA l'a imposé par la note PS09/20 de décembre 2009, qui a créé le chapitre SYSC 20 de son Handbook. L'obligation visait les banques, les building societies et la plupart des assureurs, à compter du 14 décembre 2010, et la direction devait en approuver les résultats. Pour les assureurs, la PRA rattache aujourd'hui l'exercice à l'ORSA dans sa déclaration de surveillance SS19/16. La directive Solvabilité II n'emploie pas le mot. L'attente vient des orientations de l'EIOPA sur l'ORSA (EIOPA-BoS-14/259, applicables depuis le 1er janvier 2016), selon lesquelles la politique d'ORSA dit comment et à quelle fréquence l'entreprise conduit ses stress tests inverses, puis de la déclaration de surveillance EIOPA-BoS-17/097 de 2017, qui en demande une meilleure qualité. Le point de rupture se définit d'avance : ratio de couverture à 100 % du SCR, MCR franchi, dégradation de la notation qui déclenche des clauses de résiliation, retrait des réassureurs. La difficulté est mathématique. Une infinité de combinaisons de chocs touche la même frontière, et l'on retient d'ordinaire la plus vraisemblable sous le modèle, ou quelques récits que le conseil sait lire. Le reverse stress test éprouve surtout l'imagination de l'équipe risques. Il oblige à chercher la concentration passée inaperçue : un réassureur unique sur un traité clé, des appels de marge sur des couvertures de taux, comme chez les fonds de pension britanniques en septembre 2022. Sur un portefeuille cyber, il fait remonter l'événement systémique, panne d'un grand fournisseur de cloud ou ver destructeur, que le scénario standard aurait pris trop petit.

Ses 8 renvois, tissés sur les 18 catégories du glossaire
Stress test inverse (reverse stress test) : illustration de la fiche Actuariat du glossaire AlgoPolis
Exemple

Cas d'école : un assureur détient 1 200 millions d'euros de fonds propres éligibles pour un SCR de 800 millions, soit un ratio de 1 200 / 800 = 150 %. Il porte 2 000 millions d'actions. Chaque point de baisse des marchés actions lui coûte 2 000 × 1 % = 20 millions de fonds propres et réduit son SCR de 4 millions, parce que la charge actions porte sur un encours plus petit. On cherche la baisse s qui ramène le ratio à 100 % : 1 200 − 20s = 800 − 4s, donc 400 = 16s, soit s = 25 %. Vérification : fonds propres de 1 200 − 500 = 700 millions, SCR de 800 − 100 = 700 millions, ratio de 100 %. L'équipe risques doit maintenant dire si une baisse de 25 % des actions, seule ou combinée à une hausse des spreads, est un événement qu'elle juge possible sur l'horizon de son plan.

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Termes associés
Également connu sous

stress test inverse, test de résistance inversé, reverse stress test, reverse stress testing, test de résistance inverse, scénario de rupture

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