Test de résistance de l'EIOPA sur les IRP
Exercice européen par lequel l'EIOPA soumet un échantillon d'institutions de retraite professionnelle à un scénario défavorable de marché et mesure l'effet sur leurs déficits, leurs prestations et leurs employeurs.
Les tests de résistance de l'EIOPA sur les institutions de retraite professionnelle (IRP, IORP en anglais) sont menés à l'échelle de l'Espace économique européen, sur la base de l'article 32 du règlement (UE) n° 1094/2010. Le premier a été lancé le 11 mai 2015 et publié en janvier 2016 ; ont suivi ceux de 2017, 2019, 2022 et 2025, d'abord tous les deux ans, puis tous les trois. Chaque exercice part d'un bilan de fin d'année, applique un scénario défavorable et mesure deux choses : le déficit et le taux de couverture des régimes à prestations définies, la perte de valeur des comptes dans les régimes à cotisations définies. Pour les prestations définies, l'EIOPA calcule deux fois, selon le référentiel de chaque pays et selon une méthodologie commune, héritière du bilan holistique (holistic balance sheet) que PensionsEurope a combattu parce qu'il met au bilan le soutien de l'employeur et les mécanismes de réduction des prestations. En 2019, sur 176 IRP de 19 pays, sans le Royaume-Uni, l'échantillon partait d'un déficit de 41 milliards d'euros, soit 4 % des engagements ; le scénario le portait à 216 milliards en méthodologie commune, contre 180 milliards en règles nationales, et aurait entraîné 173 milliards de réductions de prestations et 49 milliards de soutien des employeurs. Le même exercice posait pour la première fois des questions ESG. En 2022, le test a porté entièrement sur le climat, sur une transition désordonnée : 187 IRP de 18 pays, une baisse de 12,9 % des actifs, environ 255 milliards d'euros de pertes de valorisation. En 2025, l'EIOPA a testé la liquidité et les appels de marge des couvertures de taux et de change ; le rapport, publié le 16 décembre 2025, conclut à des réserves suffisantes en agrégat, tout en confirmant la vulnérabilité aux appels de marge. Aucun de ces tests n'a de seuil de réussite. Ils nourrissent des recommandations aux autorités nationales, sans exigence de capital à la clé.
Cas d'école : une IRP à prestations définies détient 1 000 millions d'euros d'actifs, 400 en actions et 600 en obligations de duration 8, contre 950 millions d'engagements de duration 15. Son taux de couverture vaut 1 000 / 950 = 105,3 %. Le scénario fait baisser les actions de 30 % et les taux de 50 points de base sur toute la courbe. Les actions tombent à 400 × 0,70 = 280 millions ; les obligations gagnent 8 × 0,5 % = 4 %, soit 600 × 1,04 = 624 millions. L'actif vaut 280 + 624 = 904 millions. Les engagements montent de 15 × 0,5 % = 7,5 %, soit 950 × 1,075 = 1 021,25 millions. Le taux de couverture tombe à 904 / 1 021,25 = 88,5 %, et le déficit atteint 1 021,25 moins 904 = 117,25 millions, à combler par l'employeur ou par une réduction des prestations selon le droit national.
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