Théorème d'Arrow et réassurance optimale (stop loss)
Résultat de 1960-1963 selon lequel, face à un assureur neutre au risque qui applique une marge proportionnelle à l'indemnité attendue, le meilleur contrat pour un preneur averse au risque est une franchise suivie d'une couverture totale : un stop loss.
En 1960, l'économiste norvégien Karl Borch cherche la meilleure forme de réassurance pour une cédante qui veut réduire la variance de ses résultats. Il trouve que le stop loss, qui paie tout au-delà d'un seuil, est optimal. En 1963, Kenneth Arrow, dans un article sur l'économie du soin médical, démontre le même résultat pour l'assurance directe, par un raisonnement d'utilité espérée : le preneur averse au risque face à un assureur neutre, dont la prime est l'espérance de l'indemnité majorée d'un chargement proportionnel, doit choisir une franchise et une couverture totale au-delà. Intuitivement, la prime proportionnelle fait payer cher la couverture des petits sinistres, où le gain de lissage est faible, et la couverture des grands sinistres, où il est élevé, mérite le chargement. Le résultat donne la justification théorique du traité en excédent de sinistres et du stop loss. Il suppose peu : un assureur neutre, une prime proportionnelle, un seul risque, aucun risque moral. En pratique, les déviations sont nombreuses. Les franchises minimales créent des seuils, la quote-part reste le contrat le plus courant en réassurance parce qu'elle apporte aussi capital et savoir-faire, le chargement n'est pas proportionnel pour les queues lourdes, et la neutralité du réassureur est contestable. Les travaux de Raviv en 1979 et de Gollier et Schlesinger dans les années 1990 ont étendu ou nuancé le cadre, avec des coûts de gestion, des risques moraux ou des contreparties risquées.
Cas d'école. Une cédante dont le sinistre annuel a pour moyenne 10 M USD et pour écart-type 6 M USD peut choisir une quote-part de 50 % ou un stop loss à 14 M USD. Avec un chargement de 20 % sur l'espérance cédée, la quote-part coûte 0,2 × 5 = 1 M USD de chargement et divise par deux toute la distribution, petits sinistres compris. Le stop loss, dont l'espérance cédée est de 1,5 M USD, coûte 0,2 × 1,5 = 0,3 M USD de chargement et borne la perte annuelle à 14 M USD. Pour le même budget de chargement, le stop loss protège mieux la queue, ce qui est l'intuition d'Arrow.
théorème d'Arrow, Arrow-Borch, réassurance optimale, optimalité du stop loss, franchise optimale, contrat optimal d'assurance
Suivez la recherche
Une lettre par semaine. En tête, la note de souscription de la semaine, quand il en paraît une : une décision datée et argumentée, signée de Paul Bernardski. Ensuite, ce que l'observatoire a publié en risque cyber, en risque politique et en assurance. Sans compte, sans suivi.
Pas de spam, désinscription en un clic, aucune donnée revendue.