Affaire Barrick au Mali (Loulo-Gounkoto)
Conflit ouvert en 2023 entre le groupe minier Barrick et l'État malien sur le complexe aurifère de Loulo-Gounkoto, cas d'école d'expropriation rampante pour les souscripteurs de risque politique.
Le dossier Barrick-Mali est le conflit entre le groupe minier Barrick et l'État malien sur le complexe aurifère de Loulo-Gounkoto, que les souscripteurs de risque politique lisent comme un cas d'expropriation rampante. En août 2023, le Mali adopte un nouveau code minier qui permet à l'État de prendre une participation plus forte dans les mines et revient sur des avantages fiscaux accordés sous l'ancien régime ; la junte demande à Barrick, opérateur du complexe aurifère de Loulo-Gounkoto aux côtés de l'État actionnaire minoritaire, d'y faire passer sa convention. La négociation achoppe. Fin 2024, des salariés maliens du groupe sont arrêtés. En janvier 2025, les autorités saisissent environ trois tonnes d'or sur le site et Barrick suspend les opérations, faute de pouvoir exporter. Le groupe avait saisi le CIRDI (Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements) dès décembre 2024, en vertu des clauses d'arbitrage de ses conventions minières avec l'État. En juin 2025, la justice malienne place le complexe sous administration provisoire. Les parties ont ensuite annoncé un accord, à la fin de 2025. Pour un souscripteur de risque politique, le dossier est une leçon d'expropriation rampante. Aucun décret de nationalisation n'a été pris. Il y a une suite de mesures, dont chacune peut se défendre isolément : un redressement fiscal, une procédure pénale, un blocage d'exportation, une décision de justice. Les polices CPRI (credit and political risk insurance, assurance crédit et risque politique) répondent à cette difficulté de deux façons. Elles couvrent les actes cumulés qui privent l'assuré de son investissement, et elles excluent les mesures fiscales ou réglementaires de portée générale prises de bonne foi. Entre les deux, le sinistre se plaide. La saisie de l'or se lit comme une confiscation d'actifs, la perte du contrôle opérationnel comme une expropriation, à condition que le délai d'attente de la police soit écoulé, et ces délais se comptent souvent en mois. L'administration provisoire ordonnée par un tribunal pose une autre question : celle de savoir si l'acte d'un juge est un acte de l'État au sens du libellé. Un accord négocié avant l'expiration du délai d'attente change aussi le calcul, puisque l'assuré récupère son actif et que la perte n'est plus définitive.
En janvier 2025, les autorités maliennes saisissent environ trois tonnes d'or sur le site de Loulo-Gounkoto. Un investisseur couvert en CPRI (credit and political risk insurance, assurance crédit et risque politique) dans cette situation déclare une circonstance dès la saisie de son stock. Le souscripteur ouvre le dossier, mais l'indemnisation pour expropriation attend l'expiration du délai d'attente, et un accord avec l'État avant cette date éteint la réclamation ; dans le dossier Barrick, les parties en ont annoncé un à la fin de 2025.
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