BEAC (Banque des États de l'Afrique centrale)
Banque centrale commune aux six États de la CEMAC, installée à Yaoundé, qui émet le franc CFA d'Afrique centrale (XAF) et applique la réglementation des changes de la zone.
La BEAC (Banque des États de l'Afrique centrale) est la banque centrale commune aux six États de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale), installée à Yaoundé, qui émet le franc CFA d'Afrique centrale (XAF) et applique la réglementation des changes de la zone. Le 23 décembre 2016, à Yaoundé, un sommet extraordinaire des chefs d'État de la CEMAC écarte toute modification de la parité du franc CFA, alors que la chute du pétrole a fait fondre les réserves de change de la zone. C'est la Banque des États de l'Afrique centrale qui a dû tenir cette ligne. Installée à Yaoundé, elle est la banque d'émission des six membres de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale : Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad. Elle émet le franc CFA d'Afrique centrale (code XAF), distinct de celui d'Afrique de l'Ouest, conduit la politique monétaire commune et détient les réserves de change, dont une partie reste déposée au compte d'opérations ouvert au Trésor français. La supervision bancaire relève de la COBAC, la Commission bancaire de l'Afrique centrale, qui lui est adossée. Pour le souscripteur, la BEAC est d'abord l'autorité qui applique la réglementation des changes de 2018. Sa doctrine depuis la crise de 2016 : défendre la parité par la discipline sur les devises plutôt que par l'ajustement du taux. Concrètement, les transferts vers l'extérieur sont contrôlés pièce par pièce, les recettes d'exportation doivent être rapatriées, et les comptes en devises des résidents sont encadrés. Le risque de change au sens strict reste faible, puisque la parité avec l'euro tient. Le risque de transfert, lui, se mesure en délais : un paiement autorisé en droit peut attendre des semaines faute de devises disponibles à la banque commerciale. Les praticiens distinguent ce retard, qui peut entrer dans le délai d'attente d'une police CPRI (crédit et risque politique), d'un refus formel. Une zone pétrolière dont les réserves suivent le prix du baril ne se lit pas comme l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), même sous le même nom de monnaie.
Une filiale gabonaise d'un groupe français veut remonter un dividende à Paris : sa banque à Libreville exige le dossier complet prévu par la réglementation des changes avant d'exécuter, puis attend les devises. Le souscripteur CPRI (crédit et risque politique) note l'écart entre ce délai d'exécution et un blocage décidé par l'État.
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