Liquéfaction des cargaisons en vrac (nickel, bauxite, minerai)
Phénomène par lequel un vrac humide, nickel, bauxite, fines de minerai de fer, se comporte comme un liquide sous les vibrations de la mer et fait chavirer le vraquier ; le code IMSBC impose une limite d'humidité transportable.
Le 2 janvier 2015, le vraquier Bulk Jupiter, chargé de bauxite en Malaisie, coule en quelques minutes au large du Vietnam, et dix-huit des dix-neuf marins à bord meurent. L'enquête établit la liquéfaction de la cargaison. Le mécanisme est connu depuis des décennies : un vrac à grains fins, chargé avec une teneur en eau trop forte, se comporte comme un solide au port mais se compacte sous les vibrations du navire, expulse l'eau entre les grains et se transforme en boue qui glisse d'un bord à l'autre. Le navire gîte et ne se redresse pas. Le code maritime international des cargaisons solides en vrac, l'IMSBC Code, rendu obligatoire par SOLAS en 2011, classe ces cargaisons dans le groupe A et les soumet à une limite d'humidité transportable (TML) : le chargeur doit fournir un certificat d'humidité et de TML, et le capitaine peut effectuer un test à la boîte (can test) avant de charger. La pratique ne suit pas toujours : les cargaisons de nickel d'Indonésie ou des Philippines, stockées à ciel ouvert pendant la saison des pluies, ont causé des pertes en série. Pour l'assurance, le sinistre est une perte totale de corps et de cargaison, avec une responsabilité P&I pour les décès, et un litige sur la question de savoir si le navire était innavigable ou si le chargeur a fourni de faux certificats. Les clubs mettent en garde leurs membres et conseillent d'exiger des essais indépendants.
Cas d'école. Vraquier de 55 000 tpl chargé de 50 000 tonnes de minerai de nickel avec un certificat de teneur en eau de 30 % pour un TML de 34 %. L'essai indépendant, demandé par l'affréteur avant le départ, relève 37 % : le chargement s'arrête. Le navire, qui aurait perdu 15 M USD de corps et 12 M USD de cargaison, reste à quai trois jours de plus. Les frais d'essai et d'attente, 90 000 USD, restent à la charge de l'affréteur, qui les réclame au vendeur du minerai.
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