Assurance dépendance
Assurance qui verse une rente ou un capital lorsque l'assuré ne peut plus accomplir seul les actes essentiels de la vie quotidienne, un risque long, mal connu et difficile à tarifer.
L'assurance dépendance couvre la perte d'autonomie, surtout liée au grand âge : l'assuré ne peut plus se laver, s'habiller, se nourrir, se déplacer ou aller aux toilettes sans aide. Elle verse en général une rente mensuelle, parfois complétée d'un capital pour adapter le logement, à partir du moment où la dépendance est reconnue selon la définition du contrat. Cette définition est le cœur du produit. Elle s'appuie soit sur une grille publique, la grille AGGIR, soit sur un décompte des actes de la vie quotidienne que l'assuré ne peut plus accomplir, et distingue souvent dépendance partielle et totale. Le contrat prévoit un délai de carence, souvent un an pour la maladie et davantage pour les maladies neurodégénératives, et une franchise avant le premier versement. Le risque est redoutable à tarifer : il se réalise des décennies après la souscription, les données de maintien en dépendance sont rares, et la tendance de la longévité le déplace sans cesse. Les assureurs américains de soins de longue durée en ont fait l'expérience coûteuse, après avoir sous-estimé la durée des prises en charge et surestimé les résiliations. En France, le marché reste étroit ; la création en 2020 d'une cinquième branche de la sécurité sociale consacrée à l'autonomie a relancé le débat sur l'articulation entre couverture publique et assurance privée.
Cas d'école : une assurée souscrit à 55 ans une garantie de 1 200 euros par mois en dépendance totale. À 84 ans, classée en GIR 2, elle entre en établissement : après la franchise de 90 jours, l'assureur verse la rente jusqu'à son décès, six ans plus tard, soit près de 85 000 euros.
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