Clause cut-through
Clause permettant à l'assuré final d'être payé directement par le réassureur si la cédante est défaillante.
Une clause cut-through (cut-through endorsement, ou clause de paiement direct) fait exception au principe qui veut que le contrat de réassurance ne lie que la cédante et le réassureur et ne crée aucun droit pour l'assuré. Elle prévoit qu'en cas d'insolvabilité de la cédante, le réassureur paie directement l'assuré final, ou le bénéficiaire désigné, à hauteur de sa part. Elle règle une question de qualité de signature. L'assuré qui souscrit auprès d'un porteur peu noté, souvent parce qu'un fronting ou une captive l'impose, veut profiter réellement de la solidité du réassureur ; sans cut-through, l'indemnité de réassurance tombe dans la masse de la liquidation et se partage entre tous les créanciers. La clause d'insolvabilité, sa voisine, va dans l'autre sens : elle oblige le réassureur à payer le liquidateur sans réduction, au profit de la masse. Leur rencontre est le point à vérifier dans un traité. La validité de la clause dépend de la loi applicable et de celle de la procédure collective ; certains régimes y voient une préférence illicite entre créanciers et l'écartent, d'autres l'admettent. Une clause cut-through ne vaut donc que l'avis juridique obtenu sur le lieu de la liquidation probable, pas sur celui du contrat. La faillite de Reliance Insurance Company en 2001, l'un des plus gros effondrements d'assureur dommages aux États-Unis avec plusieurs milliards de dollars d'actifs, l'a montré. Beaucoup d'assurés de polices émises en fronting par Reliance ont dû compter sur les fonds de garantie des États plutôt que sur la réassurance sous-jacente, faute d'une clause cut-through explicite.
Cas d'école, 2026 : un groupe industriel assure ses sites européens par une captive, réassurée à 90 pour cent. Son directeur financier exige une clause cut-through au bénéfice des filiales assurées, avec avis juridique sur les quatre juridictions où la captive pourrait être liquidée. Deux des quatre concluent à l'inopposabilité au liquidateur local, d'où un nantissement d'actifs de 40 millions d'euros en plus. En chiffres, sur un sinistre de 20 millions (hypothèse d'exemple), le réassureur doit 18 millions. Captive liquidée et clause écartée, ces 18 millions vont à la masse, et à 35 % de dividende la filiale récupère 7 millions. Clause admise, elle touche 18 millions en direct, plus 35 % des 2 millions restants, soit 18,7 millions.
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