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La réassurance des pandémies : après Covid, quel marché ?

La pandémie abolit la diversification dont vit la réassurance, en frappant tous les assurés à la fois. Après la facture de la Covid et l'échec des obligations pandémie, le risque ne peut plus être porté que par un partenariat public-privé, qui mutualise dans le temps ce qu'on ne peut diversifier dans l'espace.

PandémieRéassuranceRisque systémique25 septembre 2026
44 Md$
Pertes assurées mondiales de la Covid-19, troisième sinistre le plus coûteux de l'histoire derrière Katrina et le 11 septembre, selon Howden
Janvier 2021
Arrêt de la Cour suprême britannique dans le test case FCA, largement favorable aux assurés sur l'interruption d'activité
~ 141 M$
Indemnité versée à Wimbledon au titre d'une couverture pandémie souscrite dix-sept années durant
196 M$
Versement final des obligations pandémie de la Banque mondiale, déclenché avec quarante jours de retard sur la déclaration de l'OMS

I.La pandémie, le risque qui abolit la diversification

Un risque qui frappe le pool tout entier

L'assurance repose sur une hypothèse silencieuse, celle que les sinistres frappent les assurés indépendamment les uns des autres. Un incendie, un accident, un dégât des eaux atteignent un membre du pool sans toucher les autres, et c'est cette indépendance qui permet à la loi des grands nombres de stabiliser le coût moyen et de rendre le risque assurable. La pandémie viole cette hypothèse de la manière la plus radicale qui soit, car elle ne frappe pas un assuré ou une région, elle frappe par définition la quasi-totalité des membres du pool en même temps1. Là où une catastrophe naturelle ravage un territoire et épargne les autres, l'agent pathogène se propage à l'ensemble du globe, anéantissant la séparation des risques sur laquelle l'assurance est bâtie. La pandémie n'est donc pas un grand risque parmi d'autres, c'est un risque d'une nature différente.

La diversification, ressource vitale de la réassurance

Cette particularité touche la réassurance en son cœur, car la réassurance vit précisément de la diversification. Son métier consiste à mutualiser des risques décorrélés, un séisme japonais avec un ouragan floridien et une sécheresse australienne, dans le pari raisonnable que ces événements ne surviendront pas tous le même jour. La diversification géographique et sectorielle est sa matière première, ce qui lui permet de porter des engagements colossaux avec des fonds propres relativement modestes. Or la pandémie détruit cette ressource, puisqu'elle corrèle simultanément toutes les branches, l'assurance vie par la surmortalité, l'assurance des entreprises par l'interruption d'activité, l'assurance des événements par les annulations, et toutes les géographies à la fois. Il n'existe alors plus d'ailleurs où répartir le risque, plus de portefeuille décorrélé pour amortir le choc. La pandémie n'excède pas seulement la capacité du marché, elle abolit le mécanisme même par lequel il fonctionne.

LE RISQUE QUI EST PARTOUT À LA FOIS
La force de la réassurance tient à sa capacité de déplacer un risque vers un ailleurs non affecté, de le diluer dans un ensemble plus vaste et décorrélé. La pandémie prive cette logique de son fondement, car elle est partout en même temps. On ne peut transférer ailleurs un sinistre qui frappe l'ensemble du monde simultanément, ni diluer dans un portefeuille mondial un événement qui est lui-même de dimension mondiale. C'est cette ubiquité, plus encore que l'ampleur, qui rend la pandémie si difficilement assurable.

II.Le choc Covid et sa facture

Le troisième sinistre de l'histoire

La crise de la Covid-19 a transformé cette difficulté théorique en facture bien réelle. Selon le courtier Howden, les pertes assurées mondiales liées à la pandémie ont atteint environ 44 milliards de dollars, ce qui en fait le troisième sinistre le plus coûteux de l'histoire de l'assurance, derrière le seul ouragan Katrina et les attentats du 11 septembre 20012. Les projections initiales, qui évoquaient plus de 100 milliards de dollars, ne se sont heureusement pas matérialisées, en grande partie parce que de nombreuses polices excluaient déjà le risque ou le contestaient. Le choc s'est néanmoins fait sentir sur l'ensemble de la chaîne. Le réassureur Swiss Re a ainsi provisionné 2,5 milliards de dollars dès le premier semestre 2020, avant d'y ajouter d'autres réserves, et a enregistré une perte nette là où il aurait dégagé un bénéfice de 1,6 milliard sans la pandémie, son ratio combiné dommages bondissant au-dessus de 110 %3. Pour un acteur de cette taille, habitué à absorber des ouragans majeurs sans vaciller, un tel renversement de résultat sous l'effet d'un seul péril a valeur d'avertissement.

Une accumulation par toutes les branches

La singularité de ce sinistre tient moins à son montant qu'à sa provenance. La facture s'est constituée par addition de branches que rien ne reliait d'ordinaire, la surmortalité en assurance vie, les annulations en assurance événementielle, les pertes d'exploitation en assurance des entreprises, le crédit et la responsabilité des dirigeants. Le cas de Wimbledon est devenu emblématique, car les organisateurs du tournoi avaient souscrit pendant dix-sept ans une couverture pandémie au sein de leur assurance annulation, pour une prime annuelle de deux millions de dollars, et l'annulation de l'édition 2020 leur a valu une indemnité estimée à environ 141 millions de dollars4. Cette prévoyance rare a fait figure d'exception, et son coût pour l'assureur a illustré ce que la couverture d'un tel risque représente lorsqu'elle est réellement accordée. La plupart des autres acteurs, eux, n'avaient pas anticipé l'accumulation simultanée de toutes ces lignes.

Le rappel oublié de l'assurance vie

Un pan du sinistre est resté plus discret dans le débat public, alors qu'il touche au cœur même de la réassurance, celui de la surmortalité. Les réassureurs vie portent, à travers les traités de mortalité, le risque d'un excès de décès par rapport aux tables actuarielles, et une pandémie est précisément l'événement qui réalise ce risque à grande échelle. La Covid-19 a provoqué une surmortalité marquée dans plusieurs pays, en particulier parmi les populations âgées et les tranches d'âge actives aux États-Unis, alourdissant les prestations des contrats d'assurance vie et de prévoyance. Cette dimension rappelle que la pandémie ne frappe pas seulement l'économie par l'interruption d'activité, mais aussi le bilan des assureurs par la mortalité elle-même, et qu'elle corrèle ainsi deux risques que tout séparait, le risque économique et le risque biométrique, d'ordinaire logés dans des branches distinctes et supposées indépendantes.

III.La bataille de l'interruption d'activité

Couvrir une perte sans dommage matériel

Le principal champ de bataille a été celui de l'interruption d'activité. Classiquement, cette garantie indemnise la perte d'exploitation consécutive à un dommage matériel, un incendie ou une inondation qui empêche l'entreprise de fonctionner. La Covid-19 a fait surgir une question inédite, celle de savoir si une interruption sans dommage matériel, provoquée par une fermeture administrative ou une mesure de confinement, pouvait elle aussi déclencher la garantie. Tout s'est alors joué sur l'interprétation de clauses, notamment celles relatives aux maladies infectieuses et à l'empêchement d'accès aux locaux. Au Royaume-Uni, l'autorité de régulation a porté un test case devant la justice afin de trancher rapidement et pour l'ensemble du marché, et la Cour suprême a rendu en janvier 2021 un arrêt largement favorable aux assurés dans l'affaire opposant la FCA à Arch Insurance et à plusieurs autres5.

Une ambiguïté ruineuse

Le contraste entre juridictions a été frappant. Aux États-Unis, où plus de mille deux cents procédures ont été engagées, les tribunaux ont majoritairement débouté les assurés au motif qu'aucun dommage matériel direct n'était caractérisé, et le secteur a soutenu que la pandémie était par nature inassurable6. Près de 80 % des polices dommages américaines comportaient d'ailleurs déjà, depuis 2006, une exclusion visant les virus et les bactéries. La leçon de cette bataille rejoint celle, déjà rencontrée à propos de la guerre hybride, selon laquelle l'ambiguïté d'une clause se paie au prix fort. Lorsque la rédaction n'anticipe pas explicitement un risque, le doute profite à l'assuré, et l'assureur se trouve exposé à une accumulation qu'il n'avait ni voulue ni tarifée. La Covid-19 a ainsi révélé une exposition silencieuse au risque pandémique, dissimulée dans des formulations conçues pour d'autres périls.

LE SILENCE DES POLICES COÛTE PLUS CHER QUE LEUR PAROLE
La pandémie a montré qu'un risque non explicitement traité dans une police n'est pas pour autant un risque exclu. Là où la rédaction laissait une zone grise, les juges l'ont comblée au bénéfice de l'assuré, transformant une exposition implicite en une dette bien réelle pour l'assureur. C'est l'exacte symétrie du débat sur le cyber silencieux, et la même conclusion s'impose, l'incertitude rédactionnelle est elle-même un risque, qu'il faut nommer pour le maîtriser.

Au-delà de l'existence même de la garantie, un second front s'est ouvert sur la question de l'agrégation. Lorsqu'une clause couvrait l'interruption consécutive à une maladie infectieuse survenue dans un certain rayon autour des locaux, fallait-il traiter la pandémie comme un événement unique, plafonné une seule fois, ou comme une multitude d'événements locaux dont les plafonds s'additionnaient. L'enjeu financier de cette qualification était considérable, car il pouvait multiplier l'exposition de l'assureur par le nombre de foyers infectieux reconnus. La jurisprudence britannique a retenu une lecture favorable aux assurés sur la causalité, considérant que la pandémie et les mesures gouvernementales formaient une cause concurrente suffisante, ce qui a encore alourdi la facture pour le marché. Ces subtilités d'apparence technique ont déterminé des milliards d'indemnités, et illustrent combien la pandémie met à l'épreuve l'architecture la plus fine des contrats.

IV.Le grand retrait et l'exclusion

L'exclusion comme réflexe de survie

La réaction du marché ne s'est pas fait attendre, et elle a pris la forme d'un retrait massif. Pour éviter qu'une telle ambiguïté ne se reproduise, l'Association du marché de Lloyd's a publié des clauses types d'exclusion des maladies transmissibles, déclinées selon les branches, la LMA5393 pour les polices dommages directes, la LMA5394 pour les traités de réassurance correspondants et la LMA5395 pour la responsabilité civile7. Ces clauses, rapidement intégrées dans les contrats, ont expulsé le risque pandémique des couvertures standard, actant que l'interruption d'activité d'origine pandémique n'était plus assurable par le marché privé. Le secteur a ainsi clarifié sa position, mais au prix d'un creusement du déficit de protection, puisque les entreprises se retrouvent désormais sans couverture face à un péril dont la crise venait pourtant de démontrer la réalité.

Pourquoi la pandémie échoue aux tests de l'assurabilité

Ce retrait n'est pas une frilosité passagère, il découle de ce que la pandémie échoue simultanément à plusieurs des conditions de l'assurabilité. Le risque doit être indépendant d'un assuré à l'autre, estimable à partir d'un historique stable, diversifiable géographiquement et d'une ampleur compatible avec les fonds propres du marché. La pandémie contredit chacun de ces critères à la fois, ce qui la distingue des catastrophes ordinaires, lesquelles n'en violent généralement qu'un seul8.

Pourquoi la pandémie échoue à tous les tests de l'assurabilité
Indépendance des risquesTous les assurés frappés en même temps
Diversification géographiqueAucun ailleurs où répartir le risque
Estimabilité des pertesDépendantes de décisions politiques imprévisibles
Capacité du marchéSinistre potentiel hors de portée des fonds propres

V.Les limites du transfert au marché des capitaux

L'espoir des obligations pandémie

Face à l'incapacité du marché traditionnel, beaucoup ont fondé un espoir sur le transfert du risque aux marchés financiers, à l'image des obligations catastrophes. L'idée n'était pas nouvelle, puisque Swiss Re avait émis dès 2003 une première obligation de mortalité extrême de 400 millions de dollars, déclenchable si un indice de mortalité dans cinq pays dépassait 130 % de sa valeur de référence9. La tentative la plus ambitieuse fut la facilité de financement d'urgence en cas de pandémie, lancée par la Banque mondiale en 2017 après l'épidémie d'Ebola, dotée d'environ 425 millions de dollars de capacité au titre de sa fenêtre assurantielle, et destinée à mobiliser rapidement des fonds pour les pays les plus pauvres10. Ces obligations transféraient à des investisseurs le risque de perdre leur capital si une pandémie franchissait des seuils prédéfinis.

L'écueil du déclenchement

L'expérience de la Covid-19 a cruellement révélé la faiblesse de ce mécanisme. Les obligations de la Banque mondiale n'ont été déclenchées qu'en avril 2020, soit une quarantaine de jours après que l'OMS eut qualifié la situation de pandémie, et n'ont versé que 195,84 millions de dollars, somme dérisoire au regard des 160 milliards que la Banque a finalement mobilisés par d'autres voies10. Les critères de déclenchement, jugés trop tardifs, trop complexes et délibérément restrictifs, avaient été calibrés pour réduire la probabilité de paiement, au point que les investisseurs avaient perçu 96 millions de dollars d'intérêts avant la dépréciation. La facilité n'a pas été renouvelée. Cet échec illustre l'écueil propre aux instruments paramétriques appliqués à la pandémie, à savoir la définition du déclencheur, qui rejoint le problème de l'attribution déjà rencontré pour la guerre hybride. Déterminer le moment précis où une pandémie commence, et le seuil à partir duquel elle ouvre droit à paiement, est un exercice où chaque arbitrage éloigne l'indemnité du besoin réel.

Un instrument paramétrique n'est utile que si son déclencheur est à la fois objectif et rapide, mais ces deux qualités s'opposent dans le cas d'une pandémie. Un seuil prudent, conçu pour ne se déclencher qu'en cas de catastrophe avérée, paie nécessairement tard, lorsque le besoin de liquidités est déjà passé. Un seuil sensible, qui paierait tôt, expose l'émetteur à des déclenchements pour des alertes sans lendemain. La pandémie, dont la gravité ne se révèle que progressivement, rend cet arbitrage presque insoluble, et c'est pourquoi le déclencheur des obligations de la Banque mondiale est arrivé après la bataille.

VI.Vers un partenariat public-privé

Le recours inévitable à la puissance publique

De ce double constat, l'incapacité du marché traditionnel et les limites du transfert aux capitaux, découle une conclusion que la plupart des acteurs partagent désormais. Le risque pandémique, comme le risque de guerre et comme le risque climatique extrême, ne peut être porté que dans le cadre d'un partenariat public-privé, où l'État intervient en assureur de dernier ressort11. Plusieurs schémas ont été proposés sur le modèle des dispositifs existants pour le terrorisme, qu'il s'agisse d'un Pandemic Re britannique inspiré du Pool Re, du projet de loi américain sur l'assurance du risque pandémique, ou de fonds partagés à soutien gouvernemental en Europe. Tous reposent sur la même intuition, seule la collectivité dispose d'une assise assez large pour mutualiser un risque que nul portefeuille privé ne peut diversifier.

Concevoir un tel dispositif soulève néanmoins des difficultés que l'on aurait tort de sous-estimer. Il faut d'abord définir l'événement déclencheur, et la déclaration de pandémie par l'OMS, si elle offre un repère commode, ne coïncide pas nécessairement avec le moment où les pertes économiques deviennent massives, ce qui reconduit l'écueil paramétrique au niveau étatique. Il faut ensuite répartir la charge entre assureurs et puissance publique, en confiant au marché les tranches qu'il peut absorber et à l'État la part véritablement systémique, à l'image de l'architecture en couches du Pool Re. Il faut enfin contenir l'aléa moral, en évitant qu'une garantie publique trop généreuse ne dissuade les entreprises de toute prévention. Aucune de ces difficultés n'est rédhibitoire, mais leur résolution conditionne la viabilité d'un marché reconstruit sur des bases mixtes, et explique qu'aucun grand pays n'ait encore institué de dispositif pérenne plusieurs années après la crise.

L'État, assureur et auteur du risque

La pandémie présente toutefois une singularité qui la distingue même de la guerre, et qui renforce la nécessité du recours public. L'ampleur des pertes d'exploitation n'a pas été déterminée par le virus seul, mais par les décisions de confinement et de fermeture prises par les pouvoirs publics. L'État est ainsi, dans une large mesure, l'auteur du sinistre qu'il serait appelé à couvrir, ce qui rend illusoire l'idée d'un risque purement exogène que le marché pourrait tarifer indépendamment de l'action politique. Cette imbrication du risque et de la décision publique plaide pour que l'État assume directement une part de la charge, puisqu'il en contrôle en partie l'occurrence et l'ampleur. Là où l'assureur ne peut ni prévoir ni influencer les confinements, la puissance publique les décide, et il serait incohérent de lui transférer la cause du sinistre sans lui en transférer aussi le coût.

Mutualiser dans le temps ce qu'on ne peut diversifier dans l'espace

Au terme de cette analyse, la réponse à la question initiale, après la Covid quel marché, est sobre. Il n'existe plus, et il ne peut guère exister, de marché privé autonome pour la pandémie, car le risque abolit la diversification dont vit l'assurance. Ce que l'État peut offrir et que le marché ne peut pas, c'est une mutualisation non dans l'espace, impossible pour un péril mondial, mais dans le temps, en étalant la charge d'une pandémie sur plusieurs générations de contribuables par le recours à la dette. La capacité de l'État à emprunter contre l'avenir est précisément ce qui lui permet de porter un risque qui, étant partout au même instant, ne peut être réparti nulle part dans le présent.

Cette substitution de la mutualisation temporelle à la mutualisation spatiale n'est pas neutre, car elle déplace la charge des assurés d'aujourd'hui vers les contribuables de demain, et transforme une question d'assurance en une question de justice entre générations. Elle suppose aussi que l'État conserve une capacité d'endettement suffisante au moment où la pandémie survient, condition qui n'est pas garantie pour les économies les plus fragiles, lesquelles sont aussi les plus exposées. Le partenariat public-privé n'est donc pas une solution miracle, mais le moins mauvais des arrangements face à un risque qui défie la logique assurantielle, et son institution relèvera autant du choix politique que de la technique actuarielle.

La réassurance des pandémies n'est donc pas tant un marché à reconstruire qu'une frontière à reconnaître, celle au-delà de laquelle le transfert privé du risque cède la place à la solidarité collective, frontière que cette série a déjà rencontrée pour le climat et pour la guerre, et qui se dessine chaque fois qu'un risque devient véritablement systémique12.

2003 Swiss Re émet la première obligation de mortalité extrême, couvrant notamment le risque de pandémie.
2017 La Banque mondiale lance sa facilité de financement d'urgence en cas de pandémie, après l'épidémie d'Ebola de 2014.
Mars 2020 L'OMS qualifie la Covid-19 de pandémie, déclenchant une vague mondiale de fermetures administratives.
Avril 2020 Les obligations pandémie de la Banque mondiale se déclenchent tardivement et ne versent que 196 M$.
Janvier 2021 La Cour suprême britannique tranche le test case FCA en faveur des assurés sur l'interruption d'activité.
2021-2026 Généralisation des exclusions de maladies transmissibles et débat sur un partenariat public-privé du risque pandémique.
SOURCES ET RÉFÉRENCES
  1. Sur la pandémie comme risque fondamental menaçant par définition la quasi-totalité des membres du pool en même temps et abolissant la diversification, R. Hartwig, présentation au Federal Advisory Committee on Insurance du Trésor américain, 2020, et American Property Casualty Insurance Association ; caractère non estimable des pertes de continuité d'activité, dépendantes de décisions politiques.
  2. Howden, rapport sur les renouvellements de réassurance, janvier 2022 ; pertes assurées mondiales de la Covid-19 d'environ 44 Md$, troisième sinistre le plus coûteux derrière l'ouragan Katrina et les attentats du 11 septembre ; projections initiales supérieures à 100 Md$ jugées finalement improbables.
  3. Résultats de Swiss Re 2020 ; provisions de 2,5 Md$ au premier semestre, complétées de 500 M$, perte nette de 691 M$ sur neuf mois, bénéfice de 1,6 Md$ qui aurait été dégagé hors Covid, ratio combiné dommages porté à 110,3 %.
  4. Sur l'assurance annulation et la couverture pandémie ; organisateurs de Wimbledon assurés pendant dix-sept ans pour une prime annuelle d'environ 2 M$, indemnité d'environ 141 M$ au titre de l'annulation de 2020 selon Forbes ; Comité international olympique également couvert pour les Jeux de Tokyo ; PMC, Insurance for economic losses caused by pandemics, 2020.
  5. Financial Conduct Authority contre Arch Insurance (UK) et autres, test case ; Haute Cour, septembre 2020, puis arrêt de la Cour suprême du Royaume-Uni de janvier 2021, largement favorable aux assurés sur l'interruption d'activité sans dommage, clauses de maladie infectieuse et d'empêchement d'accès ; affaires connexes London International Exhibition Centre contre RSA et Various Eateries contre Allianz ; Hogan Lovells, 2025.
  6. Sur le contentieux américain, plus de mille deux cents procédures aux États-Unis et en Europe, rejet majoritaire des demandes faute de dommage matériel direct, position du secteur sur l'inassurabilité de la pandémie ; environ 80 % des polices dommages américaines comportant l'exclusion de virus et de bactéries de l'ISO introduite en 2006 selon la NAIC ; PMC, 2023.
  7. Association du marché de Lloyd's, clauses types d'exclusion des maladies transmissibles, LMA5393 pour les polices dommages directes, LMA5394 pour la réassurance dommages et LMA5395 pour la responsabilité civile ; MAPFRE Global Risks, The market reaction to COVID-19, 2023.
  8. Sur les conditions de l'assurabilité, indépendance, estimabilité, diversification et capacité, et leur violation simultanée par la pandémie ; combinaison d'une probabilité et d'une sévérité élevées conduisant à des primes proches du coût du sinistre lui-même, R. Hartwig, 2020.
  9. The Conversation, Pandemic bonds, 2026 ; première obligation de mortalité extrême émise par Swiss Re en 2003, 400 M$, déclenchement si un indice de mortalité dans cinq pays dépassait 130 % de sa valeur de référence.
  10. Banque mondiale, facilité de financement d'urgence en cas de pandémie, lancée en 2017 après l'épidémie d'Ebola, fenêtre assurantielle d'environ 425 M$ ; déclenchement en avril 2020, environ quarante jours après la déclaration de l'OMS, versement final de 195,84 M$, à comparer aux 160 Md$ mobilisés par d'autres voies ; intérêts de 96 M$ perçus par les investisseurs avant dépréciation ; critères jugés tardifs et complexes par O. Jonas ; facilité non renouvelée ; Insurance Journal, Center for Global Development, Artemis et Yale School of Management.
  11. Sur les projets de partenariat public-privé, Pandemic Re britannique inspiré du Pool Re, projet de loi américain sur l'assurance du risque pandémique, fonds partagés à soutien gouvernemental en Europe ; MAPFRE Global Risks et Yale School of Management ; voir les articles 05 et 12 de cette série sur les filets publics applicables au climat et à la guerre, AlgoPolis.
  12. Sur la perte de diversification et le risque de base des instruments paramétriques, voir les articles 06 et 10 de cette série ; sur le problème du déclencheur et de l'attribution dans les risques catastrophiques, voir l'article 12 ; sur le filet public pour la part inassurable, voir l'article 05, AlgoPolis.
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