Les réponses et les explications de chaque question s’affichent ici une fois le parcours terminé. Elles renvoient alors vers la fiche du glossaire correspondante, où la notion est traitée en entier avec son exemple chiffré.
1. Qu'est-ce qui sépare fondamentalement une cession par traité d'une cession facultative ?
Le moment où le réassureur s'engage : d'avance sur un périmètre décrit, ou après avoir lu le dossier d'un risque nommé
Un traité est un contrat d'abonnement dont l'objet n'est pas un risque mais une définition : le réassureur accepte d'avance des affaires qu'il n'a pas vues et qui n'existent parfois pas encore. Une cession facultative s'étudie dossier en main et peut être refusée. Les traités couvrent couramment de très gros risques et la facultative sert des affaires de toute taille : ni le montant ni la branche ne tranchent.
Fiche du glossaire · reassurance-facultative2. Pourquoi un réassureur n'accorde-t-il une facultative obligatoire qu'à une cédante dont il connaît bien la souscription ?
Parce que l'accord est asymétrique : la cédante reste libre d'offrir et le réassureur s'engage à accepter, donc il reçoit ce qu'elle choisit de ne pas garder
L'asymétrie est dans la structure même : une seule des deux parties conserve le choix, et c'est celle qui connaît les affaires. Un plafond par risque et une définition serrée accompagnent presque toujours ce type d'accord, précisément pour en borner l'effet, et la commission y existe comme ailleurs. Ce que le réassureur achète est la discipline de la cédante autant que son portefeuille.
Fiche du glossaire · traite-facultative3. À l'intérieur du périmètre d'un traité, qui décide de céder une affaire donnée ?
Personne : la cession est automatique dans les deux sens, la cédante doit céder et le réassureur doit accepter
Ce double automatisme est exactement ce qui fait la valeur d'un traité : il donne à la cédante une capacité utilisable le jour où elle souscrit, sans consulter personne. Une cédante qui garderait discrétionnairement ses meilleures affaires et céderait les autres pratiquerait l'antisélection que le traité existe pour empêcher, et les clauses de cession homogène sont là pour cela.
Fiche du glossaire · reassurance-traite4. Sous une quote-part à 40 %, que paie le réassureur sur un sinistre de 25 000 euros ?
10 000 euros, soit 40 % du sinistre, comme sur tous les sinistres du périmètre
Une quote-part applique la même fraction aux primes et à tous les sinistres, sans seuil ni sélection : un dégât des eaux de quelques centaines d'euros se partage exactement comme un incendie de plusieurs millions. Le pourcentage annoncé est celui que prend le réassureur, pas celui que garde la cédante, laquelle conserve ici les 60 % restants.
Fiche du glossaire · traite-quote-part5. Un assureur veut amortir l'effet d'un sinistre exceptionnel sur son compte. Que lui apporte une quote-part ?
Rien sur ce point : la quote-part divise les bons et les mauvais résultats par le même nombre, donc elle transfère du volume et non de la pointe
Le réassureur paie bien sa part du sinistre exceptionnel, mais il prend la même part de tout le reste : le ratio technique de la cédante est inchangé après cession, sur une assiette plus petite. Un portefeuille qui perd quinze points de ratio en garde quinze après une quote-part à 50 %. Protéger contre l'intensité demande un traité non proportionnel, et une priorité annuelle décrit un stop loss.
Fiche du glossaire · quote-part6. Que corrige la commission de réassurance sur un traité proportionnel ?
Le fait que la cédante a supporté les frais d'acquisition et de gestion sur la totalité des primes, alors qu'elle en cède une fraction brute au réassureur
Sans cette correction, la cédante travaillerait à perte sur la part cédée, puisqu'elle a payé la rémunération de son réseau et sa gestion sur cent pour cent des primes. C'est pourquoi le placement d'un traité proportionnel se négocie sur le taux de commission bien plus que sur le taux de cession, lequel est souvent fixé par le besoin en capital.
Fiche du glossaire · commission-reassurance7. Sous une quote-part pure, quel rapport le ceded loss ratio entretient-il avec le net loss ratio ?
Ils sont égaux par construction, aux commissions près, ce qui aligne strictement les intérêts des deux parties
La même fraction s'appliquant aux primes et aux sinistres, les deux rapports sont identiques. C'est la propriété la plus utile de cette structure : le réassureur ne peut pas gagner là où la cédante perd. Elle explique aussi pourquoi une quote-part se place vite sur un portefeuille sain et pas du tout sur un portefeuille qui ne l'est pas. Un écart entre les deux rapports signale un traité non proportionnel, pas une quote-part.
Fiche du glossaire · ceded-loss-ratio8. Sous un excédent de plein, que compare-t-on pour établir le taux de cession d'un risque ?
Le capital assuré au plein de conservation, une seule fois, quand le risque entre dans le traité
L'excédent de plein appartient à la famille proportionnelle : le taux se fixe sur le capital, une fois, puis s'applique à la prime et à tous les sinistres du risque, même petits. Comparer le sinistre à la conservation est la logique d'un traité non proportionnel, et c'est la confusion la plus fréquente sur cette structure ; comparer un cumul annuel à une rétention décrit un stop loss.
Fiche du glossaire · retention-conservation9. Un risque assuré pour 10 millions d'euros entre dans un excédent de plein sur un plein de 2 millions. Un sinistre de 400 000 euros survient. Que recouvre la cédante ?
320 000 euros, soit 80 % du sinistre, puisque le risque est cédé à 80 %
La cédante garde 2 millions sur 10, soit 20 %, et cède 8 millions, soit 80 %. Ce taux est fixé pour ce risque et s'applique ensuite à tout sinistre qui en provient, quel que soit son montant. L'idée qu'un petit sinistre ne donnerait aucun recouvrement applique à un traité proportionnel la logique d'une priorité, et c'est précisément ce que cette structure ne fait pas.
Fiche du glossaire · taux-de-cession10. Une couche est décrite comme « 12 millions d'euros en excédent de 3 millions ». Que paie le réassureur sur un sinistre de 20 millions, et que reste-t-il à la cédante ?
Le réassureur paie 12 millions et la cédante garde 8 millions : 3 de priorité et 5 au-dessus du sommet de la couche
La couche court de 3 à 15 millions. Un sinistre de 20 millions la sature à 12 et laisse 5 millions au-dessus, qui tombent sur la cédante si aucune couche supérieure n'a été achetée. Le montant au-dessus du sommet n'est jamais perdu au sens comptable : il est simplement conservé, et c'est la raison d'être des couches suivantes d'un programme.
Fiche du glossaire · point-attachement11. Qu'est-ce qui distingue une couche de travail d'une couche de pointe ?
Ce qu'elle voit passer : la couche de travail est touchée régulièrement, la couche de pointe seulement par l'évènement rare
La distinction se lit sur la fréquence et non sur le rang : une première couche placée très haut au-dessus d'une rétention importante est une couche de pointe, et la troisième couche d'un programme aux tranches serrées peut rester une couche de travail. Elle commande la tarification, sur l'expérience quand il y a des sinistres à compter, sur un modèle d'exposition quand il n'y en a pas.
Fiche du glossaire · working-layer-cat-layer12. Une couche de 8 millions d'euros de portée est assortie de deux reconstitutions. Quelle portée totale la cédante peut-elle mobiliser sur l'exercice ?
24 millions : la portée d'origine plus les deux reconstitutions, soit trois fois 8 millions
Deux reconstitutions veulent dire trois fois la portée sur l'année, une d'origine et deux reconstituées, et pas davantage. Chacune se paie, presque toujours au prorata du montant consommé et fréquemment aussi au prorata du temps restant à courir. Une cédante qui budgète ses primes de réassurance sans provisionner ses reconstitutions découvre sa dépense réelle au plus mauvais moment.
Fiche du glossaire · reconstitution-garantie13. Une tempête endommage deux cents maisons assurées séparément, pour 20 000 euros chacune en moyenne. La cédante porte une couche « 5 millions en excédent de 500 000 » par risque. Que paie la couche ?
Rien : chaque maison est un sinistre distinct comparé à la priorité de 500 000, et aucun ne l'atteint
Dans une couche par risque, la priorité s'applique autant de fois qu'il y a de risques atteints. La cédante a perdu 4 millions d'euros et ne recouvre rien, ce qui est le défaut exact de cette structure face à un évènement qui fait beaucoup de petits sinistres. Ce que couvre ce cas est une couche par évènement, où les dommages s'additionnent avant que la priorité ne s'applique une seule fois.
Fiche du glossaire · exces-de-sinistre14. Que fait une clause horaire dans un traité en excès de sinistre par évènement ?
Elle fixe une fenêtre de durée déterminée à l'intérieur de laquelle tous les sinistres du péril désigné sont réputés provenir d'un seul évènement
Aucune donnée météorologique ne dit si une tempête de trois jours est un évènement ou trois : la réponse est de rédaction, et la clause horaire est l'instrument qui la donne, souvent soixante-douze heures pour la tempête. Elle laisse presque toujours à la cédante le choix du départ de la fenêtre, ce qui est le levier le plus concret qu'elle détienne sur son recouvrement.
Fiche du glossaire · clause-horaire15. Une cédante peut découper un long épisode en deux évènements au titre de la clause horaire. Quel est l'arbitrage ?
Deux évènements veulent dire deux priorités payées mais deux fois la portée disponible ; un seul veut dire une priorité mais une saturation possible
Le calcul se fait avant de déclarer et il dépend de la taille de l'épisode : sur un sinistre qui dépasse largement le sommet du programme, deux évènements sont souvent préférables ; sur un épisode moyen, presque toujours un seul. Le choix du départ appartient à la cédante dans la plupart des rédactions, mais la fenêtre s'ancre sur des faits datés et ne se déplace pas au fil des estimations.
Fiche du glossaire · reassurance-catastrophe16. Un stop loss est décrit comme « 30 points en excédent de 80 % ». Que signifie cette notation ?
La cédante porte sa charge de sinistres jusqu'à 80 % de ses primes acquises, et le réassureur prend ce qui se situe entre 80 % et 110 %
L'unité d'un stop loss n'est pas le million mais le point de ratio, et c'est ce qui rend cette notation piégeuse pour qui vient des couches ordinaires. Traduire en euros suppose de connaître l'assiette de primes acquises de l'exercice, laquelle n'est pas connue au moment de l'achat : c'est déjà une différence notable avec une couche en excès de sinistre.
Fiche du glossaire · stop-loss17. Une mutuelle franchit le seuil de son stop loss et recouvre une somme importante. Peut-elle en conclure que son exercice est à l'équilibre ?
Non : le stop loss ne borne que la charge de sinistres, et laisse dehors frais généraux, frais d'acquisition et coût des autres traités
La lecture qui fait du stop loss une assurance du résultat est fausse dans les deux sens : une cédante peut franchir son seuil et rester déficitaire par ses frais, ou rester sous son seuil et perdre de l'argent. Ce qu'on achète est une borne sur une composante nommée du résultat. Le plafond en points borne l'engagement du réassureur, il ne dit rien du résultat de la cédante.
Fiche du glossaire · net-loss-ratio18. Un exercice cédé dégage un solde positif au compte de commission de profit, mais les deux exercices précédents étaient déficitaires. Que perçoit la cédante ?
Rien tant que le solde n'a pas comblé les déficits reportés, le report de perte s'imputant avant tout partage
Le report de perte est le mécanisme qui surprend le plus, parce qu'un exercice techniquement bon peut ne rien rapporter. Il s'ajoute au chargement de frais du réassureur et à la période de liquidation, qui retarde le calcul de deux ou trois ans. Une commission de profit inscrite d'avance au budget comme une recette est une erreur qui se découvre longtemps après.
Fiche du glossaire · profit-commission19. Pourquoi un burning cost brut, calculé sans indexation des sinistres, sous-estime-t-il le coût d'une couche ?
Parce que des sinistres anciens, qui traverseraient la couche à leur coût de réparation actuel, restent sous la priorité à leur montant d'origine
L'indexation est la première des trois corrections, et son effet est systématique et toujours dans le même sens. Les deux autres sont le développement des sinistres, les exercices récents étant provisionnels et révisés plus souvent à la hausse, et la mise au niveau de l'assiette, car des primes anciennes décrivent un portefeuille qui n'est plus celui de l'année à venir.
Fiche du glossaire · burning-cost20. Une couche de 20 millions d'euros de portée est placée pour 1 million de prime. Que valent son rate on line et son payback, et que mesurent-ils ?
Rate on line de 5 %, payback de 20 ans, et le payback n'est qu'une division : il ignore frais, courtage, coût du capital et probabilité d'être touché
Le rate on line est la prime divisée par la portée, soit 1 sur 20, et le payback en est l'inverse. Le raccourci est commode parce qu'il transforme un pourcentage en durée, mais il ne dit rien de la rentabilité ni de la fréquence réelle : un réassureur qui tarifierait sur ce seul nombre travaillerait sans savoir s'il gagne de l'argent.
Fiche du glossaire · rate-on-line21. Deux couches affichent le même rate on line. Que peut-on en conclure sur ce qu'elles engagent ?
Rien de tel : reconstitutions, prix de ces reconstitutions, définition du sinistre, franchise annuelle globale et traitement du courtage peuvent tout séparer
Le rate on line a l'immense avantage de ne dépendre d'aucune hypothèse, et c'est ce qui le rend comparable ; il a l'inconvénient de ne décrire que deux nombres du placement. Une couche assortie de trois reconstitutions gratuites offre quatre fois sa portée sur l'année : rapportée à la portée réellement mobilisable, elle est bien moins chère que son rate on line nominal ne le laisse croire.
Fiche du glossaire · payback22. Dans le compte d'un traité proportionnel, que désignent exactement les primes cédées ?
La part des primes qui part au réassureur, avant déduction de la commission de réassurance
Les primes cédées sont le numérateur de la cession et l'assiette sur laquelle se calculent la commission de réassurance, le chargement de frais du réassureur et le ceded loss ratio. Ce que la cédante conserve s'appelle les primes nettes. Une prime rétrocédée relève d'un autre contrat, entre le réassureur et son rétrocessionnaire, et une couche non proportionnelle porte une prime propre qui ne se calcule pas au prorata.
Fiche du glossaire · primes-cedees23. Après les tempêtes Lothar et Martin, en décembre 1999, plusieurs cédantes françaises ont découvert un effet de leur clause horaire. Lequel, et qu'ont fait les renouvellements suivants ?
La clause de soixante-douze heures a scindé la séquence en deux évènements, donc deux priorités, et les renouvellements l'ont portée à quatre-vingt-seize puis cent soixante-huit heures
Les deux tempêtes ont coûté environ six milliards d'euros aux assureurs français sur trois jours, et une fenêtre de soixante-douze heures ne pouvait pas les couvrir toutes deux : la séquence comptait pour deux occurrences, donc deux priorités. Une mutuelle portant une priorité de quinze millions d'euros a ainsi absorbé trente millions nets. Les renouvellements de 2000 et 2001 ont allongé la fenêtre sur les tranches tempête européennes, ce qui montre qu'une clause horaire est une condition de marché et se renégocie comme un prix.
Fiche du glossaire · exces-sinistre-par-evenement24. À durée égale, qu'est-ce qui, dans le wording, peut encore multiplier le nombre d'occurrences déclarées sur une même tempête ?
Le périmètre de la fenêtre, une seule pour tout le portefeuille ou une par zone et par pays, et le traitement de périls combinés comme le vent suivi de l'inondation
La durée n'est qu'un des quatre points qui décident de ce que la clause vaut. Une fenêtre par zone ou par pays multiplie les occurrences sur une tempête qui traverse plusieurs marchés, et une séquence où le vent précède l'inondation compte pour une ou deux occurrences selon que la clause traite les deux périls ensemble. S'y ajoutent ce qui ouvre la fenêtre, premier dommage ou fait météorologique daté par un tiers, et l'accord entre la définition de l'évènement au traité et celle des polices émises : l'écart entre les deux reste à la charge de la cédante.
Fiche du glossaire · wording-de-traite25. En 2023, aux États-Unis, plus de vingt tempêtes convectives ont dépassé le milliard de dollars pour environ soixante milliards de pertes assurées, sans aucun ouragan majeur. Des assureurs du Midwest ont épuisé leur tranche basse dès juin tandis que leurs tranches hautes n'étaient pas touchées. Que teste ce mode de défaillance, et qu'est-ce qui y répond ?
Le nombre de reconstitutions, et seule une couverture en agrégé répond à la fréquence elle-même
C'est un épuisement horizontal : la même tranche basse est touchée plusieurs fois par des évènements distincts jusqu'à consommation de ses reconstitutions, et le programme n'a plus de première ligne alors que ses tranches hautes restent intactes et intégralement payées. Relever le sommet répond au mode vertical, celui d'un évènement unique très coûteux, et n'aurait rien changé ici. Acheter des reconstitutions ou abaisser la priorité repousse le seuil sans traiter le cumul ; la couverture en agrégé additionne les évènements au lieu de les traiter un à un, et c'est la seule qui réponde à la fréquence.
Fiche du glossaire · epuisement-horizontal26. Un traité prévoit une reconstitution « payable à 100 % » sans autre précision. Que laisse ouvert ce silence, et de quel ordre ?
Le choix entre le prorata du seul montant consommé et le prorata du montant et du temps restant, soit une différence qui peut dépasser le double
Une couche de dix millions entamée de six, sur une prime de couche de 1,2 million, se reconstitue pour 0,72 million au prorata du seul montant. Si le traité ajoute le prorata temporel et qu'il reste cinq mois à courir, la même consommation se reconstitue pour cinq douzièmes de 0,72 million, soit 0,30 million. L'écart est donc du même ordre que le montant lui-même, et il se règle au moment où la trésorerie de la cédante est déjà sous tension. Le nombre de reconstitutions est une autre clause, distincte du pourcentage.
Fiche du glossaire · epuisement-de-tranche